Cancer du col de l’utérus : symptômes et âge idéal pour faire le vaccin

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Le cancer du col de l’utérus fait près de 1 100 victimes chaque année et représente la 12e cause de cancer chez la femme en France. Pourtant, il peut être facilement évité grâce à un vaccin recommandé dès l’âge de 11 ans et des frottis de dépistage de 25 et 65 ans.

Test viral HPV

L’Institut national du cancer (INCa) et le ministère de la Santé ont lancé le jeudi 5 septembre 2019 une nouvelle campagne d’information pour sensibiliser grands publics et professionnels de santé au dépistage du cancer du col de l’utérus. L’INCa appelle notamment les médecins à engager le dialogue et à davantage parler de la vaccination contre le papillomavirus (HPV) et du dépistage, notamment aux parents d’adolescentes et aux jeunes filles de moins de 25 ans. « 40 % des femmes de 25 à 65 ans ne se font pas dépister régulièrement et seulement 23% des filles de 16 ans étaient correctement vaccinées », rappelle l’Institut du cancer.

Définition : qu’est-ce que le cancer du col de l’utérus ?

L’utérus est un organe génital féminin prépondérant pour la reproduction, puisque c’est à son niveau que va se dérouler toute la grossesse. Néanmoins, cet organe peut être atteint de tumeurs cancéreuses, dont on distingue 2 types :

« Le cancer de l’endomètre est un cancer du corps de l’utérus et non du col. Par contre, il existe des cancers glandulaires du col utérins appelés adénocarcinomes. Ils ne sont pas dépendants du papillomavirus découverts au frottis. Ces derniers sont plus rares mais de moins bon pronostic », détaille le Dr Philippe Mironneau, gynécologue et obstétricien à Dijon.

Âge du cancer du col de l’utérus

Trois quarts des cas sont diagnostiqués chez des femmes âgées de 25 à 64 ans. Ce cancer cause 1 100 décès par an. La moitié des décès se produisent chez des femmes âgées de 25-64 ans. Le cancer du col de l’utérus s’observe généralement chez les femmes âgées entre 45 et 60 ans, mais il peut aussi être détecté chez des femmes plus jeunes ou parfois plus âgées.

Stades du cancer du col de l’utérus : de 1 à 4

Pour chaque cancer, différents stades existent permettant de définir un niveau de gravité et l’étendue de la maladie. Concernant le cancer du col de l’utérus, la maladie est classée en quatre stades allant de 1 à 4. Plus le chiffre est élevé et plus le cancer est propagé. Quand il est qualifié de « local », c’est qu’il ne s’est pas propagé à d’autres zones du corps.

Symptômes : comment se manifeste le cancer du col de l’utérus ?

Saignements, infections, pertes vaginales, douleurs pelviennes… Ces symptômes ne sont pas spécifiques au cancer de col de l’utérus et peuvent être observés lors de maladies plus bénignes, comme notamment une infection vaginale. La persistance d’un ou plusieurs de ces symptômes nécessite un avis médical et un examen gynécologique. Consulter son médecin reste la meilleure attitude lors de l’apparition de ces symptômes.

Causes

Le cancer du col de l’utérus peut concerner la femme jeune, mais son apparition augmente parallèlement au vieillissement. Il est très souvent en rapport avec une infection par un virus, le HPV ou Papillomavirus humain, qui peut être responsable de lésions précancéreuses. Le développement de la surveillance par frottis cervico-vaginal chez la femme tend à diminuer le nombre de cancers du col de l’utérus.

Cancer du col de l’utérus en chiffres

Le cancer du col de l’utérus représente la 12e cause de cancer et la 12e cause de mortalité par cancer chez la femme. Chaque année, environ 3 000 nouveaux cas sont découverts. En France, le taux d’incidence est de 6,1% pour 100 000 femmes en 2018. Plus de 6 femmes sur 10 (63 %) diagnostiquées en France avec un cancer du col de l’utérus, survivent à leur cancer après 5 ans.

Facteurs de risque

Les facteurs de risques sont notamment :

– les premiers rapports sexuels précoces,

– les partenaires multiples,

– une infection du ou des partenaires par le HPV ou autres infection sexuellement transmissibles,

– le tabac.

Contamination

La contamination s’effectue essentiellement lors de rapports sexuels non protégés. Le virus se transmet alors par simple contact avec la peau et les muqueuses et atteint environ 80% des personnes qui ont des relations sexuelles.

60% des contaminations au HPV ont lieu pendant la première année de vie sexuelle.

Il est recommandé de se faire vacciner avant le début de la vie sexuelle puisque 60% des contaminations au HPV ont lieu pendant la première année de vie sexuelle.

Dépistage et prévention : comment éviter le cancer du col du l’utérus

La prévention du cancer du col de l’utérus passe avant toute chose par le dépistage des lésions pré-cancéreuses et cancéreuses causées par le virus du papillome humain. Il repose notamment sur la pratique régulière d’un frottis qui, en prélevant des cellules du col, permet une analyse au microscope.

Frottis

Le frottis permet un examen des cellules du col de l’utérus au microscope et un recueil des cellules superficielles. Le prélèvement est ensuite étalé et fixé sur une lame de verre. Le prélèvement est alors envoyé à un laboratoire d’anapathologie qui fera une recherche de cellules anormales. Le dépistage du cancer du col de l’utérus se réalise dès l’âge de 20 à 25 ans. Il est recommandé d’effectuer un frottis tous les 3 ans après l’obtention de 2 frottis normaux à un an d’intervalle chez des femmes ayant une activité sexuelle. Mais pour de nombreux spécialistes l’intervalle de 3 ans semble long. Une période de 2 ans semble actuellement recommandée.

Frottis : définition, fréquence et résultats

Sanguin, urinaire, cervical… Le frottis est un examen de suivi gynécologique au cours duquel sont prélevées et analysées des cellules du vagin et du col de l’utérus. Quand le faire ? Comment se déroule-t-il ? Réponses avec notre sage-femme.

Préservatif

L’infection est fréquente chez les femmes dès leurs premiers rapports sexuels. Les risques d’infection vont en augmentant avec l’âge et le nombre de partenaires. L’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels permet de limiter la transmission du virus mais ne permet pas une éviction complète de tout contact, car il est présent au niveau des muqueuses génitales qui ne sont pas recouvertes par le préservatif.

Vaccin

Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus (Gardasil® de Sanofi Pasteur MSD) est remboursé à 65%. L’Institut national du cancer recommande la vaccination des jeunes filles dès 11 ans contre les HPV (deux doses entre 11 et 14 ans ou trois doses entre 15 et 19 ans). Il peut aussi être proposé en rattrapage jusqu’à 19 ans révolus. Ce vaccin n’offre pas une protection contre la totalité des papillomavirus cancérigènes, ni contre les infections existantes. Il protège contre 70 à 90% des HPV. La vaccination n’empêche pas la réalisation du frottis à partir de 25 et jusqu’à 65 ans.

Papillomavirus : définition, symptômes, vaccin et maladies

Associé au cancer du col de l’utérus, le papillomavirus fait peur. Pourtant, les infections liées à ces virus sont fréquentes et très souvent bénignes. Transmission, symptômes, traitements, vaccin… Éclairage avec le Professeur Olivier Graesslin, Chef de Service de Gynécologie-Obstétrique au CHU de Reims.

Diagnostic

Devant un signe clinique évocateur ou lors d’un examen de dépistage, certains examens sont communs.

– Un examen au spéculum, outil en plastique permettant de visualiser le col de l’utérus, favorise la mise en évidence d’une éventuelle lésion.

– Si une lésion est présente, des prélèvements seront à prévoir. Ceux-ci se font généralement au cours d’une anesthésie générale où des biopsies (prélèvements) des zones suspectes seront faites et envoyées à l’analyse pour identifier leur nature.

– Une IRM peut également compléter le bilan ainsi qu’une échographie passant par voie vaginale.

– En cas de cancer avéré, un bilan d’extension sera nécessaire, c’est-à-dire la recherche par différents examens d’autres localisations du cancer par migration de cellules.

Bilan du cancer de l’utérus

Le bilan évalue l’extension locale et régionale de la tumeur. L’extension locale comprend la taille de la tumeur, l’envahissement des organes de voisinage et des ganglions. L’extension générale englobe l’extension du cancer et l’existence de métastases dans les poumons ou le foie par exemple. Un scanner du bassin, un IRM de l’abdomen, une radio du thorax ou une échographie pelvienne peut être pratiqués. Une échographie du foie et une scintigraphie osseuse pourront être réalisées.

Traitement : conisation, radiothérapie, chimio, ablation de l’utérus…

Les traitements proposés sont :

– la chirurgie,

– la radiothérapie,

– la chimiothérapie.

Ces examens peuvent se pratiquer de manière isolée ou en association selon les protocoles décidés. La « conisation » ne permet d’enlever qu’une partie du col de l’utérus. Cette intervention permet de laisser en place une partie du col. Chez la femme qui n’a pas eut d’enfants, l’intervention sera toujours la plus limitée possible… Le chirurgien est parfois obligé de pratiquer une hystérectomie, c’est-à-dire une ablation totale de l’utérus : Celle-ci est habituellement accompagnée d’un contrôle, voire de l’ablation des ganglions locorégionaux.

Test viral HPV

Le test viral HPV permet une détection du risque de dysplasie du col ou de présence d’un cancer en cas de présence permanente du virus HPV. Le risque semble être écarté pour les 5 ou 10 ans après, si le test est négatif. Ce test doit être refait tous les 5 ans.